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À ce point de folie

Franzobel

À ce point de folie

Franzobel

Flammarion, 2018
Traduit de l'allemand par Olivier Mannoni

Le 17 juin 1816, La Méduse quitte Rochefort à destination de Saint-Louis, au Sénégal. À son bord, quelque 400 passagers et un équipage nombreux. Au commandement, un capitaine dont l’incompétence avérée est à l’origine du naufrage de la frégate après quelques jours de mer. Comme les chaloupes sont en trop petit nombre, 147 voyageurs sont abandonnés sur un radeau. Seuls quinze d’entre eux en réchapperont au terme de treize journées d’enfer, jalonnées de meurtres, de corps dépecés et d’ultimes stratégies de survie. L’un des rescapés, le médecin de bord Jean-Baptiste Henri Savigny, fera le récit de ce périple tragique, que le monde entier voudra connaître jusque dans ses détails les plus atroces…

Franzobel, de son vrai nom Stefan Griebl, né en 1967 en Haute-Autriche, est l'un des écrivains les plus populaires et controversés d'Autriche. Dramaturge, poète et plasticien, il est l'auteur de plusieurs douzaines d’œuvres, dont en français de la pièce Kafka, comédie (publiée aux solitaires intempestifs). Couronné du prix Nicolas Born, son roman sur le naufrage de La Méduse fut l'un des trois derniers ouvrages en lice pour le Deutscher Buchpreis (Prix du livre allemand) 2017. Franzobel a remporté de nombreux prix, dont autre autres le prix Ingeborg-Bachmann en 1995 et le prix Arthur-Schnitzler en 2002.

Un seul sortait du lot, il avait l’air en meilleure santé : c’était l’homme à la veste d’uniforme jaune et à la perruque de lin, qui pressait à présent son tricorne sur sa poitrine. Il avait une barbe épaisse, un visage rose et charnu, des yeux bleus et perçants. Quand on y regardait de plus près, on voyait que sa veste élimée n’avait plus de boutons et que le cuir rongé de ses bottes était veiné de croûtes de sel.
— Jean-Baptiste Henri Savigny, second médecin de bord de La Méduse.
Il exécuta une profonde révérence. Puis il inspira profondément et dit, d’une voix étonnamment puissante :
— Le monde doit savoir, et il l’apprendra, par quoi nous sommes passés… Nous sommes en vie parce que notre devoir était de survivre et de raconter notre terrible sort…

Nous avons choisi ce livre parce que…

Bien que le trame se soit déroulé il y a environ 200 ans, il ne perd rien de son actualité, dans la mesure où il fait du fameux drame de « La Méduse » la métaphore de celui des Européens.

Où trouver ce livre

Forum Culturel Autrichien Paris
17, avenue de Villars, 75007 Paris


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