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Le vélodrome d'hiver

Juana Salabert

El velódromo de invierno / Le vélodrome d'hiver

Juana Salabert

Seix Barral, 2001 / Buchet Chastel, 2007
Traduction : Nelly Lhermillier

Le 16 juillet 1942, lors de la grande rafle du Vél'd'Hiv, plus de 7 000 Juifs, dont 4 000 enfants, sont arrêtés. Parmi eux se trouve Ilse Landerman, une petite fille de 13 ans, accompagnée par son frère Herschel et sa mère. Ilse parvient miraculeusement à s'échapper de ce vélodrome, véritable antichambre des camps d'extermination nazis, et trouve refuge auprès de Sebastian Miranda, un ami de son père, qui appartient à une organisation qui fait passer des enfants en Espagne. À la frontière, Ilse est prise en charge par Javier Dalmases qui l'emmène en toute sécurité à Lisbonne. La famille d’Ilse ne sortira pas des camps... Cinquante ans plus tard, en 1992, le fils d'Ilse découvre, à la mort de sa mère, des objets lui appartenant : une photo d’elle sur un pont de Paris en 1945, la correspondance de sa mère avec son père, et son journal intime qu'elle a écrit à son attention. Commence alors une véritable enquête menée sur deux continents. Quel est le mystère de cette mère hantée par ses cauchemars ? Pourquoi ce silence autour des origines de son fils ? Roman d'introspection et d'analyse ancré dans la réalité historique, Le Vélodrome d'Hiver entraîne le lecteur dans un récit poignant qui s’interroge sur la « culpabilité du survivant ».

Née à Paris en 1962, Juana Salabert est écrivaine, critique littéraire et traductrice franco-espagnole. Fille du journaliste et écrivain Miguel Salabert, exilé en France pour des raisons politiques, elle grandit en France et finit ses études de Lettres Modernes à l'Université de Toulouse. Parfaitement bilingue, elle préfère cependant écrire ses romans en espagnol, dont seuls Le Vélodrome d’hiver, lauréat du prix Biblioteca Breve 2001, et Avenir, souvenir (Arde lo que será), finaliste du prix Nadal, ont été traduits en français.

Je me dis alors, et je me le repetai encore, contre ce que j'avais toujours soutenu et professé, que nos vies sont parfois décidées par un coup fortuit qui lance sur le tapis d'une nuit tachée de gloire les bons dés d'un hasard sans ruse. Nous ne sommes pas toujours maîtres de la conduite de la gouvernail, nous ne pouvons pas toujours pressentir où nous allons aterrir, un seul instant d'indécision, de peur, un refus catégorique en apparence anodin, résolvent notre bonne ou mauvaise fortune, nous traînent dans la boue ou nous écartent de l'extermination.

(page 115)

Me dije entonces, y volví a repetírmelo, contra lo que siempre había mantenido y profesado, que a veces nuestras vidas las decide un golpe fortuito que lanza sobre el tapete de una manchada noche de gloria los dados buenos de una ventura sin trampas; no siempre somos dueños del manejo del timón, no siempre podemos presentir adónde iremos a parar, un solo instante de indecisión, de amedrentamiento, un cerrarse en banda en apariencia anodino solventan nuestra mala o buena suerte , nos arrastran por el lodo o nos alejan del exterminio.

(page 111)

Nous avons choisi ce livre parce que…

Inspiré de la rafle du 16 juillet 1942 à Paris qui a procédé à l'arrestation de 13 000 juifs, ce roman nous remémore une histoire tragique qu'il ne faut pas oublier. Plusieurs narrateurs, à des époques éloignées (1942 et 1992) et dans différents endroits (Madrid, Paris, Berlin, Porto Rico…), racontent leur histoire, ravivant la mémoire des Séfarades, les Juifs qui ont préservé la langue espagnole partout où ils se sont installés (Grèce, Turquie, Moyen-Orient) après avoir été expulsés d'Espagne par les Rois Catholiques.

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